1963 (13 janvier) : le Togo est le théâtre du premier coup d’État militaire en Afrique de l'Ouest
(le deuxième en Afrique sub-saharienne, le premier étant survenu au Soudan le
17 novembre 1958) et du premier assassinat d'un Président
de la République élu en Afrique, dont l’un des auteurs est Etienne
Gnassingbé alias « Eyadéma ».
Ourdi par la France alors dirigée par le général de Gaulle, le coup d’État vise à empêcher le Togo de sortir
de l’union monétaire imposée aux anciennes colonies françaises d’Afrique après
leur accession à l’indépendance.
1967 (13 janvier) : après l’intermède d’un régime civil pendant quatre ans sous l’influence sans cesse grandissante des militaires putschistes de 1963, le Togo est le théâtre du deuxième coup d’État militaire de son histoire, qui porte au pouvoir Etienne Gnassingbé alias « Eyadéma ». Ce dernier dissoudra par décret tous les partis politiques le 13 mai 1967. Plus d’un demi-siècle plus tard, c’est le même régime militaire qui, sous une façade civile, continuera de régenter le Togo d’une main de fer, se maintenant par la répression des libertés et la manipulation systématique des élections.
1992 (22 octobre) : le Togo est le théâtre de la première déstabilisation aboutie d’une transition démocratique en Afrique après la chute du Mur de Berlin (le 9 novembre 1989), avec la prise en otage, par l’armée fidèle au général Etienne Gnassingbé alias « Eyadéma », des membres du Haut conseil de la République (HCR), parlement de transition. Cet évènement survient après l’attaque du siège du premier ministre de transition et la capture de ce dernier, toujours par l’armée, le 3 décembre 1991. Pour mémoire, la « transition démocratique » – finalement avortée – a été initiée le 8 juillet 1991 avec l’ouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS).
2005 (5 février
au 24 avril) : le Togo est le théâtre de la
première et unique expérience de dévolution « de père à fils » d’un
pouvoir présidentiel en
Afrique de l’Ouest (la deuxième en Afrique sub-saharienne, la première étant
intervenue en République démocratique du Congo le 17 janvier 2001). La
répression dans ce contexte cause 400 à 500 morts selon une mission
d’enquête des Nations Unies, et plus d’un millier de morts selon la Ligue
togolaise des droits de l’Homme (LTDH).
La présente chronique du coup d'État constitutionnel de 2024 au Togo a été compilée par Initiative sur l’Afrique de l’Ouest (iAO / iWA).
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